photo bandeau : Hervé Renaud « DomG »
Vendredi 5 décembre, médiathèque de Barbezieux, le grand jour pour Dominique Godet dit DomG avec lequel nous sommes pour le vernissage de son exposition » Street-Art&Loco « .
Une bonne quarantaine de personnes allaient et venaient dans les deux petites pièces d’exposition, telles des abeilles dans une ruche. Leur préoccupation n’étant point de préserver la reine mais de rechercher le ROI pour lui poser mille et une questions.
Ces deux expositions n’ayant aucun lien entre elles sauf celui de mettre en valeur le regard de Dominique sur des univers différents de notre société. Le premier, l’art de la rue, laissant exploser dans une profusion de couleurs, les reflets de notre société actuelle, le second versant dans la nostalgie tout en œuvrant pour transmettre un certain savoir-faire avec la génération future qui sera chargée de transmettre le flambeau à son tour.

L’Art de la rue est une discipline à part entière dispensée par des artistes bien souvent anonymes mais habités d’un réel talent. La plupart de ces fresques sont appelées à disparaître sous l’assaut des intempéries et dégradations multiples, aussi, les figer pour la postérité comme le fait DomG , est un acte de sauvegarde qui prendra toute sa valeur dans quelques dizaines d’années. Ces photos auront le mérite de faire-valoir de tous ces talents méconnus comme ceux que l’on découvre sur les plaques de verre photographiques datant du début du siècle dernier et même avant.
Ces photos de street-art prises dans la rue ont la chance d’être vues par de nombreux passants ce qui n’est pas le cas de toutes les fresques innombrables peintes sur les murs de bâtiments délaissés au nom de la rentabilité comme bien souvent. Ces friches sont pour certaines, de véritables galeries d’art où s’épanouissent des expressions multiples sur notre société. Celles-ci sont signées de noms quasi cabalistiques et hermétiques au commun des mortels mais dont la fière affirmation ponctue la puissance de l’auteur et de son œuvre. Les photographier n’est pas un vol dans le but de s’en approprier mais un signe de profond respect avec l’espoir de leur donner une éternité. Les photographier c’est être habité par une certaine excitation insufflée par la recherche d’une nouvelle « Joconde » dont le sourire sera ébréché par une fissure fatale. Plus que dans la rue, l’émerveillement envahit le photographe quand il franchit une porte interdite pour découvrir l’inattendu qu’une main talentueuse a tracé avec passion sur la grise rugosité du béton ou de la chaude pâleur de pierres de taille.
C’est tout cela que DomG ressent et nous donne à ressentir à travers ses photographies de l’Art de la rue.
Passons à l’autre univers bien loin de ce qui précède mais tout aussi passionnant par sa volonté de transmettre tout en faisant perdurer ce qui fût. » Loco « a cette ambition de montrer en images le passage de témoin entre générations afin que la vapeur ne se perde sur la voie de l’oubli.

Un jour de Juillet, sous un soleil torride, DomG a rencontré le célèbre cheval de fer crachant sa rage de vivre par un panache de fumée et de vapeur dont les volutes grisâtres signifiaient son impatience à mettre en action bielles et pistons sur les rails lançant les éclairs métalliques de la zone de contact.
Il venait de faire connaissance avec la locomotive Schneider N3 « Progrès » mise en service pour tirer les wagons du Train des Mouettes entre Saujon et La Tremblade . Celle-ci est née en 1891 et assurera de bons et loyaux services pendant plus de 60 ans. Après un repos forcée, elle sera rachetée en 1983 par l’association Trains et Tractions et le département de Charente-Maritime pour être remise sur les rails au service du Chemin de fer de la Seudre après 20 ans de réparations qui font la fierté des bénévoles de l’association.
Vous en saurez plus en allant visiter le site . C’est par ici : Train des Mouettes
Dominique qui est un passionné de mécanique s’est tout de suite penché sur les articulations fraîchement huilées de la bête métallique, rutilante sous le soleil d’été. Il en fit le tour pour ne rien rater de toutes les coutures soudées et rivetées dont aucune n’échappait à l’acuité de son regard.
Ce petit manège a tout de suite alerté les bénévoles œuvrant à proximité. Aucune incompréhension ne s’est installée, bien au contraire. Un mécanicien à barbe blanche et pas encore noircie par la poussière de charbon l’invite à monter à bord de la fougueuse machine à vapeur. C’est alors le début d’une collaboration sans retenue qui a tourné vers un sentiment d’appartenance et d’amitié.
Domg, libre de ses mouvements, s’est attaché à faire vivre ces bénévoles amoureux de leur travail autour de la survivance d’un autre temps, d’une époque où l’amour du devoir aussi pénible soit-il, suffisait à dépasser douleurs et tourments. Il y a un peu de Zola dans ses photos, un peu du fameux film « La bête humaine » où Gabin vit des heures noires. Sans pousser jusqu’à l’extrême, DomG nous montre des hommes d’aujourd’hui s’attacher aux valeurs d’hier avec comme lien, leur attachement à ce bel engin qu’est la locomotive « Progrès » . Ce seul mot est devenu dérisoire de nos jours tellement l’avancée technologique court à grande vitesse mais en ce temps là, au 19eme siècle « Progrés » était synonyme de pas de géant qui allait permettre à l’Humain de se déplacer plus vite, plus loin tout en transportant le nécessaire à la marche en avant de la société.
Trains et Tractions par son engagement fait revivre à la jeunesse branchée et avide de l’immédiat consommable, une époque où le temps demandait patience et persévérance.
MERCI DomG pour le partage de ces images et MERCI aux bénévoles de t’avoir accordé leur amitié.
La suite en images avec dans les yeux de Dominique un enthousiasme qui le submerge.
Ci-dessous, reportage photos du vernissage par Hervé Renaud que l’on remercie bien sincèrement.
A la prochaine . Amicalement ChB