photo bandeau : Marc Werhlé Lac de St-Yrieix

photos Serge Dumazeaud

 

 

Une heure avant que la soirée débute, le groupe expo avec Marc, Martine et Serge, Françoise, Patrick et moi-même, avons fait le point sur les avancées du projet. Les candidatures arrivent petit à petit ( 75 à ce jour ), les contacts avec les écoles sont en cours, les 65 cadres devraient  être livrés bientôt et la recherche de sponsors ou de donateurs bat son plein avec  Martine et Serge. Patrick assure le mailing de relance.           

Voilà en gros les news concernant ce projet. J’en profite pour vous rappeler que chacun.e doit fournir un paysage pour notre exposition club. Qu’on se le dise !   Merci à tout le groupe 

 

Reflet de la motivation de nos membres, ce jeudi soir, nous étions 21 devant l’écran de projection pour juger de notre production sur le thème « Reflet(s) » justement.

Reflets du regard sur les palpitations de notre monde, porté par chacun de nous, de façon passive ou engagée, pour en délivrer  une vision toute personnelle matérialisée sur les millions de pixels qui vont retenir toute notre attention durant cette soirée.  Qu’ils soient l’envers du réel, l’expression des traits de notre société, qu’ils soient poétiques, suggestifs, narcissiques, ils seront tous l’expression de notre sensibilité sur tout ce qui est extérieur à notre personne. Est-ce qu’ils sont l’expression du réel ou l’idée de ce qu’on s’en fait ? Sans doute un peu des deux.  Les commentaires que nous en ferons seront eux aussi les reflets de notre personnalité façonnée par le vécu sur le chemin de la vie. Cette diversité est source de la richesse des échanges que nous nous livrons au cours de ces rencontres du jeudi soir. 

 

Avant de lancer ces joutes verbales, Martine a tenu à nous présenter un livre qu’elle adore :

« Grand bal de printemps » collaboration entre le poète Jacques Prévert et le photographe Izis .

Vous pouvez voir  dans cette vidéo tirée de l’INA, la rencontre de ces deux amoureux de Paris sur les quais de Seine en 1965 qui ont allié leurs talents pour en composer textes et photos :

Rencontre entre Jacques Prévert et Izis 1965  

 

Ci-dessous Martine présente le livre et nous lit le poème de Jacques Prévert « Grand bal de printemps ». Photos ChB

 

Après cette séquence nostalgie, merci Martine, nous allons contempler le reflet de nos émotions au travers des 24 photographies présentées sur le sujet. Comme le veut l’usage, trois juges ont été désignés pour livrer notes et commentaires . Le sort ou presque est tombé sur Mylène et Jhonattan, jeunes membre du club qui n’ont pas refusé le challenge et Pierre-Emmanuel qui a voulu marquer son retour parmi nous.    

La plupart des photos ont présenté le thème « Reflet(s) » sous la forme conventionnelle à laquelle on peut s’attendre mais je dois mettre en avance 3 approches différentes.

D’abord je citerai celle de Hervé Florentin  qui a utilisé le reflet tel qu’on l’entend mais dans une version très minimaliste où la couleur se fait tendre complice à la croisée des lignes qui prolongent l’horizon dans les reflets finissant par s’évanouir dans les profondeurs rougeoyantes qui l’encadrent. Malgré tout je m’autorise à lui proposer une version carrée offrant une équilibre visuel plus élaboré me semble t’il.         

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Autre façon d’aborder le reflet par le mimétisme des positions gémelles que montrent ces deux lémuriens pris par Tilia David qui a fait preuve de patience pour saisir ce moment du reflet suggestif :

photo Tilia

Enfin, notre ami Mike Smith a tenté l’impossible en suggérant le reflet impalpable de l’âme à travers la personne ( mme Smith en l’occurence ) dont le regard semble perdu dans l’infini de ses pensées. L’évidence de ce reflet indéfinissable n’a pas été perçu comme tel car la force du regard n’est pas suffisante pour nous emporter avec lui. On devine bien qu’il est fixé dans le vide sans toutefois qu’il reflète un état d’âme quelconque  mais plutôt une impatience engendrée par l’attente sur la demande du photographe. Finalement, on pourrait dire que ce regard est la résultante passagère de l’instant.

Exercice compliqué auquel s’est attaqué Mike. C’est plus difficile que de saisir un oiseau en plein vol. 

photo Mike Smith

Avant de livrer le résultat final, je voudrais souligner que nos deux jeunes « juges » Mylène et Jhonattan ont été à la hauteur de leur tâche avec une notation globalement cohérente à  leurs propos. Leur sens critique est à prendre en compte. Le regard de la jeunesse sur la photographie et ce qu’elle représente est une approche nouvelle qui peut ouvrir des horizons et susciter des remises en cause empêchant de dormir sur des certitudes.  Le club a besoin de ce sang neuf pour continuer son chemin.

Merci à vous deux. Je n’oublierai pas non plus de remercier Pierre-Emmanuel qui a été égal à lui même et dont nous sommes tous contents de le revoir parmi nous après quelques absences par obligations. 

Voici le podium :    Tsiry nous livre un reflet type décor de cinéma où les couleurs nous invitent à roucouler sous le regard de la lune enveloppée dans son manteau de velours bleu nuit.

photo Tsiry Andriamanantena  » un soir à Paris « 

 Sur les autres marches exæquo : Arnaud Lassoutière et Olivier Zwilling 

Le premier, Arnaud, nous invite au voyage sous des cieux ensoleillés en compagnie de la Belle dont on devine le sourire gracieux, auréolé par la cascade blonde de ses cheveux bouclés, en voyant seulement ce chapeau de paille négligemment posé à l’arrière de la voiture. Les ombres des branches offrant un ballet langoureux avant le départ pour la grande aventure de l’Amour. 

photo Arnaud Lassoutière

Le second, Olivier, nous offre une balade nostalgique dans les rues de Paris, imagée par ce couple lié amoureusement revenant sur les pas de leur jeunesse passée au pied de l’immeuble avec lequel ils semblent converser. Avec eux, nous partageons nos propres souvenirs qui s’envolent doucement, accompagnés d’une feuille que l’automne a détachée de son arbre nourricier,  pour se perdre dans les nuages. La lumière montant vers le ciel nous transporte avec tant de légèreté que l’on ne peut y résister.

photo Olivier Zwilling

Pour terminer le reflet de mes pensées sur ce thème, je retiendrai cette superbe photo de Françoise Gillard,  aux multiples interprétations dont la mienne évoque douleur et chagrin imagés par le fractionnement du reflet qui amplifie le geste de la main qui tente de cacher le désarroi intérieur de cette Dame.  Cette photo ne souffre pas de défaut. L’espace est bien remplie pour fixer l’attention  sur le discours qu’elle nous renvoie. Certes, l’intention de Françoise n’était pas celle-ci mais la force d’une photo est ce qu’elle donne à l’imaginaire du regardeur pour en façonner sa propre histoire.  Je l’aurais bien notée celle-là. 

photo Françoise Gillard

Finalement, je n’avais pas tout à fait terminé, car une fois n’est pas coutume, je citerai la photo de Serge Blanc qui a su égaré son monde par le côté insolite de celle-ci. Serge n’est pas astronaute que je sache mais nous a bien baladé avec la lune en arrière-plan et le reflet de poutres métalliques sur les panneaux solaires d’un vaisseau spatial.  On y a presque cru à notre Pesquet local. Bien joué l’ami.   

photo Serge Blanc

Cette fois, c’est terminé. Je vous dis à jeudi et vous rappelle que le prochain thème est « Insolite » 

Ce dernier sera jugé à la rentrée, histoire de nous mettre en appétit pour une nouvelle année photographique.

Bon week-end prolongé à Toutes et Tous.   ChB