photo bandeau Tsiry Andriamanentena

 

Ce mercredi c’était  jeudi, parce que ce jeudi tombant un 1er Mai, tout le monde sait que ce jour là, c’est farniente pour tous et pour tout. Pas plus de travail que de photo, rien, nada. Jour de glande pour donner libre cour à diverses manifestations à la gloire de luttes ancestrales de la classe ouvrière pour les 3×8

Non, pas ceux des cadences industrielles mais ceux  revendiqués pour les 8 heures de travail, 8 heures de sommeil, 8 heures de loisirs. L’efficacité de ces luttes a fait penché la balance vers les heures de loisirs pour les uns ou de sommeil pour les autres. On ne va pas s’en plaindre. l’Être humain travaille pour vivre et non le contraire. C’est du moins la philosophie qu’il tente d’en tirer car pour une grande partie de la population, le temps libre nécessite des moyens pour bien l’occuper. Ce n’est pas toujours le cas mais ceci est une autre histoire qui pourrait être traduite au travers de la photographie. Nous y revoilà. 

 

Retournons à nos moutons se sont dits la douzaine de membres présents dont la parité n’était pas loin d’être atteinte: 5 filles et 7 garçons. Je ne préciserai pas si c’étaient 7 vieux garçons et 5 jeunes filles ou le contraire. La bienséance le demande. 

 

Nous avons entamé cette soirée en portant notre attention sur quelques tirages apportés par Maxine. Tirages un peu anciens selon l’auteure mais qui reflétaient déjà la particularité de son regard sur ces petits riens auxquels sa sensibilité, toute féminine, semble aimantée.  Un doux rayon de lumière au travers de branchages, le détail dentelé d’un corsage, une petite plume délicatement posée sur la nudité d’une épaule, la légèreté d’un sourire sur un visage émergeant de la végétation, se donnent à nos yeux complices du travail tout en finesse de Maxine que nous remercions pour ce partage d’un soir.    

Je sais que Maxine n’aime pas être photographiée mais comment résister à son beau sourire. Coquine, elle s’est penchée alors que j’appuyais et la mise au point s’est faite sur le décor moins attrayant. Je l’ai laissée pour le côté drôle de notre amie. 

 

On remarquera que sur la dernière photo, emporté par son enthousiasme, Marc a  arrosé cette mini expo de la brune par une bonne blonde. 

 

 

 

Cette dernière re-Marc nous emmène sur ses pas pour suivre à la trace quelques cervidés sortis du bois pour se sustenter d’herbes fraîches perlées de rosée ou de quelques jeunes pousses de végétaux, de ronces ou autres bourgeons printaniers. Marc en a toute une collection depuis le temps qu’il traîne son téléobjectif  sur la lisière des bois des alentours, abrité sous  son uniforme de camouflage. Tel un caméléon, il se fond dans la nature pour mieux capturer ses proies d’un seul clic, comme le fait la bestiole avec sa langue.  Chuuuut ! en voilà un, puis un autre ….     

 

 

 

Cette virée sauvagine, nous propulse sur d’autres contrées aussi diverses que variées  arpentées avec ardeur par Françoise jusqu’à l’envoyer en cure pour reprendre des forces. C’est ça, l’abnégation photographique. On le comprend quand on voit que ses pas traversent des labours, s’enlisent dans le sable ou courent après un arbre solitaire qu’elle a repéré dans le lointain. Le partage ne compte pas les gouttes de sueur. 

 

    

 

 

 

Tsiry lui a répliqué en prenant la route menant vers des contrées où le ciel raconte des histoires où chaque couleur a son nuage à dire. On se laisse charmer facilement par des rayons ardents baignant un petit village presque endormi,  des moutonnements multicolores effleurant les cimes montagneuses ou quelques trainées nuageuses venant s’accrocher aux branches dénudées servant de perchoir à une nuée de corneilles s’apprêtant à y passer la nuit. La poésie du photographe nous est offert par Tsiry

 

 

Après avoir traversé ces contrées où l’air pur nous a enivrés, notre ami Gérard, notre Dali chauve à nous est venu gâter ce plaisir rare par des effluves de poissons grillés jusqu’à en noircir les écailles.  Hareng  ou daurade subissent le même sort, les flammes de l’enfer, pour finir couchés sur un papier imbibé d’une suie révélant les noirceurs passagères de l’auteur qui nous a pourtant habitués à un univers plus haut en couleur. La suite montrera que l’optimisme coloré de Gérard est revenu sans tarder avec ce lot de daurades alignées sur un fond approchant le monde de Mondrian.  Qui dit daurade, dit oignon. Qui dit oignon dit larmes du temps qui se délite comme le montre si bien cette horloge sortie tout droit du cerveau  endolori de Gérard, par le gaz lacrymogène projeté par l’oignon vengeur.  Meurtri, Gérard est retourné à ses premiers amours, les fleurs, ici représentées par la sublime révérence de cette agapanthe dont la tige se rafraîchit dans le bleu éclatant d’une bouteille de verre à l’élégance raffinée. Tout un monde que nous avons le plaisir de partager avec Gérard

 

      

 

Enfin pour terminer cette soirée, j’ai invité notre assistance d’un soir à venir se balader dans les rues populeuses de Montmartre où s’invite la pratique de la photo de rue sans trop de difficultés. 

 

 

 

Comme le veut le 1er Mai, issu d’une ancienne tradition romaine qui voulait que l’on offre du muguet, symbole du renouveau, des beaux jours, de la jeunesse, de la joie de vivre tout simplement, je vous offre donc ce petit brin de muguet photographié dans les bois voisins. Qu’il vous porte bonheur !  

 

Bon week-end à Toutes et Tous.      ChB

 

 

photo ChB muguet du 1er Mai