photo bandeau : Tsiry Adriamanentena « Menaces »
Ce premier long pont de Mai pour fêter la Victoire de 1945 a tourné à la quasi défaite de notre sacro-sainte réunion du jeudi. J’en veux pour preuve que seulement 14 fidèles grognards étaient au rendez-vous. De nombreuses chaises vides m’ont fait penser à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, une de ces soirées où il faut voter une loi cruciale. L’absence vaut l’abstention ou l’art de ne pas se mouiller. D’accord, chez nous, il n’y avait point de loi à voter ce soir là, seulement à apprécier ou pas les quelques 60 photos projetées issues du dévouement de 18 cliqueux ordinaires mais engagés à la cause photographique. Nous arrivons déjà à la dernière ligne droite de notre année digitale. Les beaux jours appelant à se consacrer à d’autres formes de loisirs, aux sorties familiales, à délaisser le sac photo pour le sac-à-dos, à manier la bêche pour les accrocs du jardinage et surtout à délaisser l’écran glacé de l’ordinateur pour goûter à la douce chaleur des rayons de soleil qui vont parfaire les teintes du bronzage idéal en vue de ne pas ressembler à un cachet d’aspirine sur les plages atlantiques ou de la grande bleue. Il y a les aficionados du pixel et les saisonniers du clique. Tout ce petit monde apportant son indicible bruit numérique au gré de la motivation fluctuante. Ainsi va le foisonnement au sein de notre club.
Extinction des feux … Moteur … Silence, on projette …
Marc est au manette puisque c’est lui le maître du BestOf. Il nous présente les 60 photos assez rapidement afin que chacun en perçoive la substantielle saveur selon les appétences des uns et des autres. Tel le défilé de la Victoire évoquée plus haut, on se prendrait presque à percevoir le bruit des pixels sur les granularités de l’écran. D’aucun n’est pas loin de saluer d’un geste martial chacun des passages de cette armée pixelisée. La dernière image disparue, nous sommes déjà invités à la prochaine commémoration qui devrait avoir lieu le 4 juin prochain. Marc a décidé de devancer l’appel.
Voici donc quelques exemples photographiques sur lesquels nous avons pu élucubrer un moment. Est-ce une cause à effet, le fait d’être moins nombreux, les commentaires ont fusé aux quatre coins de la pièce. On ne va pas s’en plaindre, bien au contraire. Ici je parle des commentaires, pas de la présence constatée.
Florilège des 18 photographes ayant répondu présent : ordre alphabétique
Nous avons un ensemble assez éclectique justifiant des commentaires élogieux, voir dithyrambiques ou le contraire aussi suite à des interrogations sans réponses engendrées par certaines absences. Je ne vais pas passer toutes les photos en revue. Tsiry nous a montré que le temps était orageux sur son lieu de travail. Histoire de changer, j’ai joué les fleurs bleues avec le rose du cyclamen pour chasser mon noir habituel. Didier, en dehors d’un tracteur rouillé se la joue minimaliste, tout comme Serge.B avec sa nymphe de Copenhague. Claudine se donne dans le farniente familial qui me ferait penser à un membre du club pour justifier son absence. Toute ressemblance est naturellement fortuite. A l’extrême droite de ce cliché, Marion a photographié son chien. Elle aurait pu l’appeler Jordan pour cette photo marine si vous me suivez. Quant à Hubert, sachant qu’un sourire peut en cacher un autre, il a choisi cet instantané pour l’illustrer. Quand Patrick va à Paris, il passe son temps sous le Pont Bir-Hakeim pour jouer avec lumière et perspective. Maïa, sensible aux cris pleurnichards de la mouette , nous a confié son plaisir à en avoir saisi une en plein vol. Nous quittons le bucolique pour nous poser un flot de questions sur la photo de Daniel dont diverses interprétations ont été proposées. Je vous laisse à votre propre interrogation. Isabelle.D nous a offert un brin de muguet porte-bonheur . Merci à toi. Laurent nous invite à la balade sur les rives printanières de La Charente, alors que Marc met en beauté les roses de son jardin amoureusement entretenu par YO, son épouse jardinière. Une autre Isabelle.F nous fait faire un saut du côté de la Seudre, un de ces soirs où le paysage se pare d’un voile doré pour donner plus de rutilance aux vieilles baraques ostréicoles. Je ne sais pas si la cure de Françoise se passe bien mais sa photo montagnarde grisonnante me laisse envahir par le doute. Tu sais que j’ai besoin de toi, en pleine forme, pour ma prochaine photo miroir. La suivante proposée par Atéa n’engendre pas plus d’optimisme. Cette masse de béton parée elle aussi de gris, ne nous incite pas au sourire qui est pourtant l’apanage de l’auteure. Ces instants de blues nous font plonger dans la nuit, univers récurrent de Micka qui pourtant tente d’illuminer notre intérieur avec cette sainte perspective lumineuse de l’église de Mareuil sans doute. Nous terminerons cette revue avec la composition glacée de Gérard dont le congélateur est mis à contribution pour l’obtention de ses œuvres aux mille paillettes cristallines.
Merci à Toutes et Tous. rendez-vous pour le prochain BestOf qui sera le dernier pour cette année.
A jeudi prochain, si vous le voulez bien. ChB